Le rapport annuel sur l’état de la compétitivité de l’économie camerounaise est rédigé en application du Décret n°2014/053 du 07 février 2014. Cette édition présente la situation de la compétitivité de l’économie nationale en 2020, identifie les acquis à consolider et les obstacles à surmonter, fait un bilan des initiatives récentes du Gouvernement visant le renforcement de la compétitivité, et propose des mesures à mettre en œuvre pour renforcer la compétitivité de l’économie et des entreprises.

S’agissant des performances macroéconomiques, le Cameroun a été durement touché par la pandémie de la COVID-19, tant du point de vue sanitaire qu’économique, mais a été plus résilient que les autres pays de la CEMAC. La croissance économique a ralenti à 0,7% contre 3,9% en 2019. Les mesures de protection prises pour limiter cette pandémie ont affecté les secteurs non pétrolier notamment l’agro-industrie, l’hôtellerie ; et brisé la chaîne d’approvisionnement de nombreuses industries en consommations intermédiaires.

Quant aux performances commerciales, au niveau du marché domestique, on note notamment une amélioration du positionnement compétitif des producteurs locaux de poisson et de sucre qui ont accru leurs parts de marché; une stagnation des parts de marché des producteurs locaux de maïs et d’huile de palme, et une baisse de la part des producteurs locaux de riz. A l’exportation, le Cameroun avec 2,2% du marché international et 4,1% du marché de l’Union européenne, est le 10ème exportateur mondial de la banane. Le pays est mieux représenté sur le marché international du cacao : 3ème exportateur mondial de fèves avec une part de 7,3%. Avec une position de 31ème exportateur mondial, le Cameroun pèse environ 0,2% du marché mondial de l’ananas frais. Au demeurant, les mesures restrictives dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 ont induit une réduction du déficit de la balance commerciale hors pétrole, consécutive à une baisse des importations plus forte que celle des exportations. Le déficit commercial hors pétrole s’est ainsi réduit de 10,2% pour se situer à 2015,6 milliards en 2020.

En ce qui concerne les coûts des facteurs de production et de transactions, ils demeurent relativement élevés au Cameroun. En particulier, les prix du carburant sont relativement plus élevés au Cameroun que dans des pays tels que le Maroc, le Nigéria, l’Ethiopie et le Rwanda. Il en est de même des coûts des procédures et exigences liées à l’import et à l’export des marchandises. En outre, les taux d’intérêts restent élevés, même si l’on note une baisse entre 2019 et 2020.

Le positionnement du Cameroun dans les classements internationaux en matière de compétitivité s’est amélioré dans plusieurs domaines. Toutefois, les défis demeurent importants pour franchir certains paliers et se situer au stade où se trouvent la plupart des pays de référence considérés dans la Vision 2035.

Le rapport a également passé en revue les initiatives mises en œuvre par le Gouvernement en 2020 visant le renforcement de la compétitivité, notamment celles se rapportant à l’amélioration du climat des affaires, au développement des infrastructures, ainsi qu’à la promotion des filières.

Enfin il est proposé au vu de l’état actuel des mesures dont les grandes lignes sont les suivantes :

  • engager des mesures restrictives graduelles à l’importation des produits à forte potentialité de production locale (riz, habillement, poisson, meubles, …) ;
  • rendre d’application effective la préférence nationale dans la commande publique pour les produits fabriqués à partir du savoir-faire local et en utilisant au moins 60% des produits locaux ;
  • soutenir la facilitation de l’intégration des innovations dans les processus de production des entreprises ;
  • élaborer des normes à rendre d’application obligatoire pour la mise sur le marché de certains produits stratégiques afin de limiter la concurrence des produits importés et soutenir ainsi la politique de l’import-substitution;
  • mettre en œuvre des actions de rationalisation des visites d’inspection et/ou de contrôle des entreprises ;
  • réduire les coûts de certification et d’homologation des produits made in Cameroun.

 

Pour information complémentaire bien vouloir vous rendre au siège du Secrétariat Permanent du Comité de Compétitivité sis au 3e étage immeuble ex-CNR